Église Saint-Léon


C'est au milieu du Xlème siècle que le nom d'Anglet apparaît pour la première fois  dans une ordonnance du Gouverneur de Bayonne, et en tant que Paroisse dans les archives capitulaires de l'Evêché de la même ville. L'église Saint-Léon se trouvait alors « hors les murs » de Bayonne,  à proximité de la Nive.
 
En 1557 cette église est démolie pour être rebâtie sur l'emplacement que nous lui connaissons,  en gardant le même vocable de « Saint-Léon ».


Les siècles passent : monarchies, révolutions, empires, républiques, se succèdent,  et l'église grandit : choeur, 1 ère galerie, 2eme galerie, clocher, porche...  pour devenir celle d'aujourd'hui.


Août 1905 : séparation de l'Eglise et de l'Etat.

Février 1906 : conformément à la loi, l'Inspecteur de l'Enregistrement de Bayonne  s'approprie l'église Saint-Léon, qui est encore la seule église d'Anglet,  ainsi que le presbytère qui jouxte la mairie de l'époque.

Les biens paroissiaux étaient jusqu'alors administrés par le Conseil de Fabrique,  et au moment de l'inventaire de février 1906, le Curé Costedoat et M. Questnel,  secrétaire et président de ce Conseil, protestèrent vivement au nom de leur association,  mais rien n'y fit : « La loi c'est la loi ».


Le 2 décembre 1906, le Conseil de Fabrique sera dissout.


Devant cet anticléricalisme notoire,  les paroissiens de St.-Léon resserrent les rangs autour de leurs pasteurs,  créent des mouvements et des associations pour permettre aux jeunes et aux adultes  de continuer à réfléchir sur leur foi chrétienne, de pratiquer du sport, de la musique,  ou de se retrouver entre amis.

C'est ainsi que le Patronage  « Les Genêts », créé en 1910 accueille aujourd'hui  plus de 700 membres actifs.


Les Mouvements d'Action Catholique, la Chorale,  le Cercle Catholique se développent aussi, bien encadrés par des prêtres de qualité,  tels que les Curés Costedoat, Casaubieilh, Dufau, et les Vicaires Larrouy ou Larcebeau.
Des locaux sont construits sur la propriété « Parthayre » prêtée à la Paroisse  par la Congrégation des Filles de la Croix d'Ustaritz : la salle de spectacle en 1942  et le préau qui sera transformé en mini-trinquet puis en salle de réunions.
 
En 1936, « l'affaire » du presbytère détériorera longtemps le climat politique angloy.
En effet, la construction de la nouvelle mairie à l'emplacement de l'ancienne  et du presbytère mitoyen entraînait «ipso facto» la démolition des 2 anciens bâtiments.

Après de nombreuses discussions où le Curé Casaubieilh défendit avec sa véhémence bien connue,  mais sans succès,

« l'ancienneté de l'occupation des locaux » contre « la propriété légale »  de la Ville, une souscription fut ouverte, et les sommes recueillies permirent  l'édification du presbytère actuel.
 
Le Patro. des Genêts se trouvait à l'étroit dans les locaux de Parthayre  qu'il partageait avec les réunions d'Action Catholique, les séances de Catéchisme,  la « Bibliothèque pour tous », les répétitions de la Chorale...

De plus,  les matchs de foot devaient se dérouler sur des pelouses obligeamment prêtées,  ici ou là, par de généreux paroissiens.


Aussi quand se présenta l'opportunité d'acquérir  la propriété « Choisy » qui appartenait à un Madrilène, M. Safora, le Curé Dufau et M. J.-L. Laporte n'hésitèrent pas à faire le déplacement à Madrid  pour emporter l'affaire avant d'autres concurrents.


Une Paroisse n'ayant pas d'identité juridique légale, ne peut accomplir d'actes administratifs  ou autres.

C'est pourquoi l'association « Centre Social St.-Léon d'Anglet »  (type loi 1901) fut créée le 1er décembre 1955, avec pour président M. J.-L. Laporte ,  pour secrétaire le Curé Dufau et seize autres paroissiens parmi lesquels MM. V. Mendiboure,  A. Geles, H. Muret, R. Bouras, Mme P. Gavel...
 
Les Genêts s'installèrent donc à « Choisy » et n'ont plus quitté cette magnifique propriété  acquise grâce à la générosité des paroissiens de St.-Léon (Acte par Me Serres le 27 janvier 1956). Quelques années plus tard, la Congrégation des Filles de la Croix,  désirant se séparer de la propriété « Parthayre », en céda une partie à la paroisse Saint-Léon  par l'intermédiaire du Centre Social St.-Léon (Acte par Me Clerisse  le 30 octobre 1980).
 
En 1999 la restructuration des paroisses va réunir Saint Léon, Sainte Bernadette et la Trinité dans la nouvelle paroisse Saint Jean l'Evangéliste.



Voilà, survolés à vitesse supersonique, neuf siècles de l'histoire de la Paroisse  Saint-Léon qui, malgré des passages difficiles, continue sa mission angloye que ses pasteurs  et ses paroissiens voudraient de plus en plus vivante et évangélique.


 
A. Dufourg